présentation

Le programme transversal Suspended spaces se donne pour objet d’étude une création dont les protocoles, tout en étant très ouverts et libres, sont proposés par les chercheurs et artistes eux-mêmes. Il s’agit donc, non pas de commenter et théoriser des objets déjà constitués, mais de mettre en relation les conditions d’une création (géo-politiques, économiques, historiques, transdisciplinaires, amicales et organiques, non dépourvues de sérendipité…) dans un contexte international et pluridisciplinaire, et des productions issues de résidences et de ces protocoles, qu’elles soient plastiques, artistiques où théoriques.

Les activités de recherche de ce programme consistent à réunir des artistes et des chercheurs concernés par nos questions, à produire des œuvres et des textes, à organiser des résidences en France et à l’étranger, des tables rondes et des colloques, à proposer des projections et des conférences qui présentent le projet, à réaliser des expositions et à concevoir des livres.

 

Nous posons l’hypothèse qu’il existe des objets, ou plus précisément des espaces, que nous avons baptisés « suspended spaces » (espaces en suspend et en suspens), qui méritent le déplacement. Ce mérite repose sur des caractéristiques précises bien que difficilement « énonçables » qui lui donnent une dimension paradigmatique susceptible de susciter des productions artistiques ou textuelles. Ces suspended spaces sont des espaces dont le devenir a été empêché pour des raisons de conflits politiques, économiques, historiques. Ils sont des espaces sensibles, fragiles, provisoires, et de ce fait rendent le regard artistique nécessaire, pertinent, légitime ; ils nous concernent tous. Les projets « échoués » de la modernité sont au cœur des lieux interrogés : la ville fantôme de Famagusta à Chypre, la Foire inachevée d’Oscar Niemeyer à Tripoli (Liban), la favela de Niterói, un site abandonné de l’industrie fordienne en Amazonie (Fordlandia).

 

 

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