Camille CASALE

Camille CASALE

Doctorante en Études Culturelles, Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne
En contrat doctoral depuis septembre 2015

Formée très jeune au théâtre et à la danse, pratiquée en sport-étude jusqu’au baccalauréat, Camille Casale poursuit son vif intérêt pour les sciences humaines en classe préparatoire littéraire, au Lycée Thiers à Marseille, puis en histoire à l’Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne, parallèlement à ses projets artistiques.

Danseuse et comédienne, ses années de pratique soulèvent des questions théoriques qui motivent son travail de mémoire en Études culturelles sur la constitution des habitudes en danse classique depuis le XVIIIe siècle, réalisé à l’université Paris 1. Elle y obtient un contrat doctoral et intègre l’Institut Acte dans l’équipe sémiotique des arts et du design. Sa thèse, sous la direction de Bernard Darras et de Marie Buscatto, porte sur la santé dans la formation du danseur pré-professionel.

L’enjeu de cette thèse est d’expliciter et de saisir de manière compréhensive les logiques qui sous-tendent l’enseignement et la formation en danse professionnelle en France, au regard de la thématique de la santé.  La pratique professionnelle de la danse classique relève de conditions de travail spécifique, où pèsent les exigences sur les corps de danseurs. La douleur y est bien souvent minorée, et son dépassement est vu comme signe de la vocation. Les blessures y sont des plus courantes.  

Toutefois, l’attention portée à la santé est de plus en plus accrue dans le milieu de la danse. En France, des rencontres s’organisent, des publications paraissent, et s’accroissent les ateliers et interventions sur ce thème, y compris dans les compagnies et écoles de danse.

Dans ce champ professionnel ultra concurrentiel, les représentations que véhicule la discipline sont intériorisées au cours de la formation, naturalisées au fur et à mesure que s’intensifie la pratique. Comment cette question est-elle traitée au cours de la formation du futur danseur ?

Tel est l’objet de cette thèse. Celle-ci s’intéresse à ce temps charnière où se mettent en place les habitudes du danseur, et où s’intensifie la pratique ; autrement dit, à l’enseignement à visée professionnelle.

Une profession y est centrale : celle du professeur de danse classique. Ces derniers transmettent les valeurs de cette discipline à fort prestige social. Passeurs de savoir, ils peuvent aussi être source de modification et d’évolution, eux-mêmes producteurs de normes. Comment investissent-ils et composent-ils avec ces dernières? Quelle importance donnent-t-ils à la santé lors de leur enseignement ? Il s’agit là de saisir leur système de signification et de le ressaisir dans le contexte social où ils se trouvent, de construire des catégories, afin de saisir les conflits, négociations, perpétuations… En somme, le processus dont leur enseignement est le résultat.

De plus, des mécanismes institutionnels entrent aussi en jeu. Par exemple, l’accès à la profession est soumis à l’obtention d’un Diplôme d’État. L’Etat définit ainsi les conditions d’accès à la profession, les modalités d’obtention du diplôme, les compétences nécessaires et éléments jugés indispensables pour un enseignement. Des cours d’anatomie y sont donnés. Quels apports pour la future profession de l’élève en formation ?

Parallèlement à son travail de thèse, Camille Casale fait partie de l’équipe de l’Atelier des Doctorants en danse du Centre national de la danse, et co-organise pour celui-ci journées d’étude et publications.