présentation

Pratiques picturales : peindre, regarder, énoncer.

Cette ligne de recherche prend appui sur un dilemme qu’il s’agit de dépasser : d’un côté la pratique picturale est la pratique la plus largement sollicitée, par les artistes eux-mêmes, mais aussi dans le cadre de l’enseignement des arts plastiques, comme dans celui des pratiques amateurs. Elle fait souvent figure à ce titre de paradigme des arts plastiques. D’un autre côté, elle a été enclose dans une identité moderniste qui a suspendu les questionnements et les recherches, comme si elle s’était perpétuée dans une tradition immuable.

 

Il s’agit donc, en croisant les différentes manières de « faire peinture », de la regarder et de l’énoncer, de supposer que la question, « qu’est-ce qu’une expérience picturale ? », ne trouve de réponses qu’en envisageant la peinture dans un champ élargi et dans sa capacité à être contemporaine. Cela présuppose également que la peinture n’a jamais possédé une identité répétitive et close sur elle-même, et, contrairement à la leçon de la tradition moderniste, ne s’est pas construite uniquement sur la recherche d’une pureté ou d’une authenticité introuvables. Pour prendre en compte les nombreux changements de la peinture, mais aussi ses implications sociales, économiques et politiques, cette recherche se proposera de convoquer les pratiques picturales comme lieu de rencontres et d’interférences, si ce n’est de métissages, en les inscrivant dans un « temps disjoint » dans lequel le passé, l’histoire de la peinture –mais ne devrait-on pas dire les histoires de la peinture ? -, se réécrit au présent dans la pluralité des démarches et des alliances avec d’autres formes d’expressions. Elle croisera trois registres de questionnement, « peindre, regarder, énoncer », qui ouvrent  sur la fabrique du peintre, celle du regard et celle de l’énonciation théorique et critique, en interrogeant artistes, chercheurs, historiens, critiques, philosophes :

 

1. Peindre : la fabrique du peintre

 

– Qu’est ce que peindre aujourd’hui ?

– Entre la tradition picturale et sa constante reformulation, comment, dans un double mouvement, la peinture redéfinit-elle en permanence son territoire et en subvertit-elle les limites ?

– Comment et pourquoi peindre face à la multiplicité des images ?

 

2. Regarder : la fabrique du regard

 

– Comment l’artiste ajuste-t-il son regard face à ses propres peintures et à celles de ses contemporains ?

– Regarder la peinture : pratique privée ou publique ?

– La peinture a-t-elle encore un pouvoir d’artialisation ?

 

3. Énoncer : la fabrique de la théorie et des récits

 

– Comment le peintre parle-t-il aujourd’hui de sa pratique ?

– Théoriser la peinture ou comment la peinture nous fait-elle parler ?

– Comment les expositions créent-elles un ou des récits à partir des pratiques picturales ?

 

Site du programme de recherches : http://pratiques-picturales.net/

 

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