Colloque et projet de recherche NO MAN’S LAND le 20 mai 2017

02-05-2017 par LAVAL-JEANTET Marion

NO MAN’S LAND

Repenser la sanctuarisation à l’heure de l’anthropocène

Colloque international le 20 mai 2017, de 9h30 à 18h30,

Grand amphithéatre, Université Paris 1, 49 rue des Bergers, Paris 15e

Art Orienté Objet, Svalbard Story, 2010

No man’s land est un colloque international proposé par le programme Art Mondialité et Environnement de l’UMR Acte (Université Paris 1-CNRS), dans le cadre d’une recherche pluridisciplinaire visant à questionner le réflexe de sanctuarisation des espaces naturels à l’heure de l’anthropocène. Ce colloque lance une problématique sur deux ans mêlant les réflexions et les productions d’artistes, de théoriciens et de scientifiques afin de produire conjointement une série d’expositions et un ouvrage regroupant propositions artistiques et scientifiques.

Ce projet dispose des partenariats de l’Université Paris 1, de l’ENS de Paris, de l’association Veilleurs du Monde (dont il constitue le 4e volet), du Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean (MUDAM Luxembourg), du centre d’art le Transpalette à Bourges (Emmetrop), du musée des beaux-arts de Dole.

 

 

Des inquiétudes écologiques portant sur les territoires naturels surgit une solution fréquemment proposée par les sociétés contemporaines : celle de leur sanctuarisation, depuis les parcs nationaux américains jusqu’au rachat par de grandes organisations environnementales de forêts dont seraient même expulsés les autochtones humains. Et dans ce concept de sanctuarisation émergent deux catégories majeures, parfois croisées : les sanctuarisations voulues comme telles (parcs naturels ou zones d’explorations scientifiques), et celles qui résultent d’effets induits par des situations militaires ou politiques (zone de catastrophes industrielles ou naturelles, zones militaires, no man’s land frontaliers). Autant de situations visant à réguler l’impact de la présence humaine sur l’espace vivant non humain qui modifient fortement aujourd’hui l’imaginaire culturel, nécessitant de réenvisager l’état de notre sensibilité à l’égard du monde naturel. C’est l’ensemble de ces problématiques qui nous a fait choisir le titre de No man’s land pour ce projet d’exposition et de recherche.

Marion Laval-Jeantet et Dominique Lestel pour le Laboratoire Arts et Sciences de l’Institut Acte, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Le colloque

Le colloque du 20 mai 2017, implique des scientifiques, des théoriciens et des artistes qui travaillent sur les questions environnementales, afin que terrains expérimentaux artistiques et recherches conceptuelles se fécondent mutuellement. Il s’agit de mettre en place une réflexion transdisciplinaire sur le phénomène des sanctuaires, leur complexité et les limites de leur conception.

 

Le Programme du colloque :

  • 9h30-10h00 Marion Laval-Jeantet et Richard Conte, « Présentation du projet No man’s land et de la journée d’études. »

 

  • 10h00-10h30 Dominique Lestel, « Quelques remarques philosophiques sur la question du no man’s land »
  • 10h30-11h00 Brett Buchanan, « All animals land »
  • 11h00-11h30 Questions sur les interventions

 

  • 11h30 -11h45 Pause

 

  • 11h45-12h15 David Rothenberg, « Un oiseau dans la ville en vaut deux dans la campagne, sur les rossignols de Berlin »
  • 12h15-12h45 François-Joseph Lapointe, « Quand une grenouille sanctuarise un espace naturel »
  • 12h45-13h00 Questions sur les interventions

 

  • 13h00-14h00 Pause déjeuner

 

  • 14h00-14h30 Roberto Barbanti « Écosophie et paysages, pour une nouvelle écoute du monde. »
  • 14h30-15h00 Elise Domenach, « Filmer la no man’s zone de Fukushima et la « sanctuariser ». Réflexions à partir des travaux de Toshi Fujiwara et de Ko Sakai et Rysusuke Hamaguchi »
  • 15h00-15h30 Marion Laval-Jeantet, « De la restauration mythique des espaces naturels »
  • 15h30-16h00 questions sur les interventions

 

  • 16h00-16h30 Pause et discussion informelle.

 

  • 16h30-17h00 Ségolène Guignard, « Peupler le No-Man’s Land: réflexions autour de la possibilité d’un jardin spatial »
  • 17h00-17h30 Benoît Mangin, « Les projets artistiques dans des espaces sanctuarisés »
  • 17h30-18h00 Pascale Weber, « Terre inconnue, terre interdite : artistes sur la ligne sentinelle »
  • 18h00-18h30 Questions et conclusion.

 

Les intervenants sont des spécialistes reconnus des questions liées à l’anthropocène.

Roberto Barbanti est enseignant-chercheur au département Arts plastique de l’université Paris VIII, où il travaille activement sur les questions de la complexité et de l’écosophie dans l’art contemporain et actuel, ainsi que sur l’écologie sonore e la dimension sonore du paysage. Il est cofondateur et président du PHAROS, centre d’études et de recherches sur la philosophie, l’art et la science.

Le professeur Brett Buchanan est le directeur du département de philosophie de Laurentian University au Canada. Il travaille depuis de nombreuses années sur la place de l’animalité et de l’écologie dans la philosophie continentale, un domaine dans lequel il a beaucoup publié et pour lequel il a acquis une réputation internationale. Il est Visiting Scholar au sein du département de philosophie de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm en 2017.

Richard Conte est artiste, professeur des universités en Arts plastiques à l’Université Paris-I, codirecteur de la ligne de recherche Arts et Sciences de l’Institut Acte, et fondateur de L’Institut Acte, UMR 8218 du CNRS.

Elise Domenach est Maître de conférences en études cinématographiques à l’École Normale Supérieure de Lyon, agrégée et docteur en philosophie, elle est spécialiste de philosophie du cinéma, et travaille en particulier sur le scepticisme au cinéma, elle a récemment porté ses recherches sur le cas du nucléaire au cinéma et sur Fukushima, en résidant deux ans au Japon.

François-Joseph Lapointe est professeur de biologie à l’Université de Montréal, spécialiste de phylogénétique, de conservation des espèces menacées et d’écologie moléculaire, mais il est aussi un bio-artiste à part entière reconnu dans les milieux arts et sciences. Il est Visiting Schloar au Muséum d’histoire naturelle de Paris en 2017.

Marion Laval-Jeantet est Maître de conférences à l’Université Paris-I, artiste et chercheur en bio-anthropologie et en ethnopsychiatrie, elle mène au sein du duo Art Orienté Objet une œuvre artistique engagée fortement marquée par les sciences du vivant, et en particulier l’écologie.

Dominique Lestel, membre actif du programme Art Mondialité et Environnement,  professeur à l’École Normale Supérieure de Paris, est un spécialiste de la philosophie du non-humain et des relations de l’homme à son environnement naturel. Il est à l’origine du projet No man’s land avec le duo d’artistes Art Orienté Objet.

Benoît Mangin est artiste au sein du duo Art Orienté Objet dont l’œuvre artistique engagée est fortement marquée par les sciences du vivant, et en particulier l’écologie. Il a dirigé des structures culturelles à l’étranger, et co-créé le projet Veilleurs du Monde qui a produit des expositions et des résidences d’artistes sur le thème de l’environnement.

Le professeur David Rothenberg est musicien et philosophe, il a été l’assistant du professeur Arne Naess, le philosophe norvégien à l’origine de la « deep ecology », le professeur Rothenberg a développé des travaux originaux sur l’Anthropocène et dirige le programme « Science, Technology & Society » au New Jersey Institute of Technology. Il a été consultant pour la récente exposition de la Fondation Cartier sur les paysages sonores naturels. Il est aussi un célèbre clarinettiste ayant enregistré de nombreux albums avec des artistes prestigieux.

Pascal Weber est artiste et Maître de conférences en Arts plastiques à l’Université Paris-I, son travail artistique est orienté vers la performance et les arts numériques, elle a récemment créé un groupe de recherches internationales Art, Sciences et Environnements entre le programme AME de Paris-I, l’Université de Montréal, l’Université du Texas, etc.

 

L’implication participative

La journée d’étude sera filmée et mise en ligne afin de produire un premier document de réflexion pour les artistes et théoriciens susceptibles de participer au projet.

Nous voudrions impliquer dans ce projet des artistes et des penseurs sensibles à ces problématiques, s’étant déjà approprié un terrain de recherche apparenté au No man’s land tel que nous l’avons défini. Un terrain de prospection faisant ressortir les paradoxes de ces tentatives de protéger un territoire à des fins écologiques ou politiques. C’est pourquoi la page Facebook de No man’s land se veut comme un lieu ouvert aux intervenants susceptibles de s’intéresser aux projets, qu’ils soient scientifiques, artistes, théoriciens, universitaires, ou simple curieux.

https://www.facebook.com/projetnml/

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