Kitsch et art contemporain

08-12-2015 par GENIN (Pr.) Christophe

Les époques du Kitsch :
Kitsch et art contemporain

Programme

9h20 Accueil – Ouverture de la Journée d’Etude et mot de bienvenue

MATINÉE : Présidents de séances : Lionel SOUQUET et Emmanuel MAHE

9h40-10h00 Emmanuel MAHE (ENSAD),
Formes contemporaines du kitsch dans l’art et le design

10h00-10h20 Valérie ARRAULT
(Montpellier III),
Récits visuels du petit bonheur

10h20-10h40 Hugues LE BAILLY
(Paris I),
Etre ou ne pas être … kitsch ?
La pratique sculpturale de Marc Quinn : soif de publicité ou quête d’identité ?

10h40-11h00 Discussion

11h00-11h20 Pause

11h20-11h40 Miguel EGANA (Paris I),
Made in Heaven de Koons,
Le kitsch sentimental dans la perspective ouverte par Kundera et Broch

11h40-12h00 Christophe GENIN (Paris I),
La kitschification du street art

12h00-12h25 Débat

12h30-14h Déjeuner

Les époques du Kitsch :
Kitsch et art contemporain

Programme

APRÈS-MIDI : Présidents de séances :
Christophe GENIN et Isabelle LE CORFF

14h-14h20 Victoria AMBROSINI
(EHESS)
Le kitsch dans l’art contemporain au Moyen-Orient :
l’art de l’ostentation culturelle

14h20-14h40 Marie PECORARI
(Paris IV),
L’art est en nous :
appropriations théâtrales du monde de l’art dans l’œuvre de Tim Crouch

14h40-15h00 Hélène ROUTIER
(Paris III),
Des artistes plasticiens sur la scène du Théâtre du Châteletet
et leur esthétique kitsch

15h00-15h20 Discussion

15h20-15h40 Pause

15h40-16h00 Mónica SUMOY
(Univ. Ramón Llull, Barcelone, Espagne),
Kitsch et art contemporain
chez Pedro Almodóvar

16h00-16h20 Lionel SOUQUET (UBO),
Kitsch, sado-masochisme et art contempo-rain chez l’écrivain argentin Manuel Puig

16h20-16h35 Discussion
16h35-16h40 Pause

16h40-17h10 Interventions des élèves de l’ENSAD et du BACHELOR autour de l’exposition « kitsch ou pas kitsch » de l’institut des cultures d’islam à la Goutte d’or.
17h10-18h00 Table Ronde

18h00 : cocktail kitsch et contemporain
Programme détaillé
Argument
Né à la fin du XIXe siècle, le kitsch est étroite-ment lié à une culture populaire (roman rose, roman-photo, polar, science-fiction, cinéma populaire, caricature…) considérée comme de mauvais goût par la culture établie. Le kitsch interroge donc la notion de légitimité et les niveaux de pratique culturelle. Nos Journées d’Etudes précédentes nous ont permis d’affiner la dimension du kitsch dans ses différentes orientations et composantes. Il nous est apparu non comme un genre, mais comme un aspect, une manière aux applications et variations mul-tiples, une manière d’exister (Kitschmensch), une attitude vitale. Il nous a semblé que le kitsch était souvent énoncé et reçu au premier degré. Passer au second degré est-il alors un évanouissement du kitsch ou une inversion de valeurs qui le fait participer à la postmodernité ? Nous nous sommes proposé d’analyser les époques du kitsch. L’expression « art contemporain » désigne globalement des œuvres produites depuis 1945. Cependant, cette expression peut aussi être utili-sée dans un sens plus restreint – notamment en France – pour désigner des œuvres ou des pra-tiques artistiques revendiquant une posture avant-gardistes et jouant avec l’intermédialité. La J.E. s’articulera autour de deux axes : 1) Quels liens peut-on identifier entre Art contemporain et kitsch? Maints artistes contemporains jouent avec le kitsch et le camp – Andy Warhol, Pierre et Gilles, Martin Parr, l’Argentin Marcos López, Takashi Murakami –, mais peuvent-ils le faire sans tomber eux-mêmes dans le kitsch ou le kitsch contamine-t-il nécessairement tous ceux qui l’abordent ? Certains, tels que Jeff Koons, peuvent-ils être considérés comme kitsch au premier degré ? Et dire qu’un artiste est kitsch revient-il à le qualifier d’imposteur ? En-fin, certaines pratiques artistiques actuelles ne sont-elles pas « kitschifiées » pour les besoins du marché de l’art ? 2) Comment l’art contemporain est-il représenté dans la littérature et au cinéma (chez Manuel Puig, David Lynch ou Pedro Al-modóvar, par exemple) ? Quand il apparaît, quel est son statut ? S’agit-il d’un simple décor (et, si oui, quelle est la fonction de ce décor ?) ou d’une thématique à part entière ? Quelle est l’image de l’artiste contemporain ? Est-elle parodique ? Le personnage de l’artiste contemporain peut-il apparaître, au contraire, comme un double de l’auteur ? Invite-t-il à une réflexion sur le statut de l’artiste ? etc.
Intervenants

– Victoria Ambrosini Chenivesse (Docteur en histoire et théorie de l’art, CRAL, EHESS) : Le kitsch dans l’art contemporain au Moyen-Orient : l’art de l’ostentation culturelle.
Résumé : Dans le contexte des assignations cul-turalistes des marchés de l’art locaux et interna-tionaux les artistes du Moyen-Orient, mettent en place des procédures esthétiques de compromis, comme l’ostentation culturelle ou l’auto-orientalisme, grâce au kitsch, qui leur permettent d’exprimer leur singularité individuelle et cultu-relle tout en cédant aux injonctions de l’art glo-bal, et à ses propositions créatives.

– Valérie Arrault (PR arts, Montpellier III) : Récits visuels du petit bonheur.
Résumé : Faisant suite aux « grands récits », les récits visuels qui s’attachent à évoquer le petit bonheur accompagnent le passage d’un change-ment de paradigme esthétique dont l’enjeu civili-sationnel tient d’un profond changement socié-tal.

– Miguel Egana (PR, arts plastiques, Paris 1/UFR 04) : Made in Heaven de Koons, le kitsch sentimental dans la perspective ouverte par Kundera et Broch.
Résumé : Avec Made in heaven, on est entré, et là se trouvait le risque pris par l’artiste, dans quelque chose qui relève de la dimension à la fois existentielle et éthique du kitsch ; en effet, ce qui en fait la singularité c’est qu’il ne s’agit plus ici d’objets issus de la vie quotidienne, d’échantillons du banal, objets kitsch au premier ou au second degré, soumis à une opération d’artialisation méta ou superkitsch, comme le reste de la production koonsienne, la matière première de l’opération est cette fois constituée de corps, et pas n’importe lesquels, celui de l’artiste lui-même et de sa partenaire, et il y est aussi question d’affects, et parmi les plus enga-geant, puisque sont en jeu le sexe et l’amour, indissociablement confrontés et confondus.

– Christophe Genin (PR, philosophie de l’art et de la culture, Paris 1/UFR 04) : La kitschification du street art.
Résumé : Si le street art est une intervention de rue, dont nous aurons à exposer les attributs et à justifier l’extension, il a changé de statut depuis la mise en place du post-graffiti. Le succès social et commercial du street art, en particulier son assimilation par la classe bourgeoise et le marché de l’art international, a induit une production artistique ad hoc, découplée de la rue mais faite à la manière de la rue. Nous essaierons de montrer en quoi ce passage du street art au street pop ré-pond à certains attributs du kitsch, matériels, symboliques et politiques. Nous verrons donc le devenir kitsch d’une pratique naguère authen-tique.

– Hugues Le Bailly (MCF, anglais, Paris 1/UFR 04) : Etre ou ne pas être … kitsch ? La pratique sculp-turale de Marc Quinn : soif de publicité ou quête d’identité ?
Résumé : Le grand public français n’a entendu parler du sculpteur britannique Marc Quinn qu’à l’occasion de l’exposition de ses effigies de Kate Moss en position du lotus, perçues comme s’ins-crivant dans la logique de For The Love of God, le crâne recouvert de diamant de Damien Hirst. Mais au delà du kitsch de la posture, le fait que les œuvres soient réalisées en bronze doré ou peint en blanc pour imiter le marbre révèle que, loin de se livrer à une quête effrénée de publicité, c’est à un questionnement sur nos idoles contemporaines et leur quête d’identité que s’attache Marc Quinn dans ses portraits sculptés hyper-réalistes de Michael Jackson, Pamela Anderson ou Catman.

– Emmanuel Mahé (Directeur de la Recherche, ENSAD) : Formes contemporaines du kitsch dans l’art et le design.
Résumé : La variation du goût est intrinsèque au kitsch par la modulation des formes qu’il ins-taure autant qu’il en est dépendant, et aussi par l’étrangeté qu’il semble appeler. Le kitsch est une fabrique de rencontres fortuites, d’accidents involontaires, de croisements les plus inattendus. Le kitsch devient aussi une norme puisque les situations improbables ou les rapprochements inédits sont provoqués sciemment dans nos sociétés contemporaines : une forme de baroque technologique. Le baroque du XVIIème siècle et celui du XXIème seront convoqués pour com-prendre comment le kitsch investit les formes contemporaines de l’art, et plus particulièrement celles qui n’apparaissent pas au premier abord kitsch.

– Marie Pecorari (MCF anglais, Paris IV) : L’art est en nous : appropriations théâtrales du monde de l’art dans l’œuvre de Tim Crouch.
Résumé : « Comment une œuvre fuyant le kitsch par tous les moyens peut-elle se prêter à une récupération qui va à l’encontre de son esprit? La dernière pièce du dramaturge britannique Tim Crouch, Adler & Gibb (2014), met en scène la démonstration de ce paradoxe, dans un jeu de chausse-trappes discursifs et formels où la scène théâtrale s’empare des codes et des enjeux de l’art contemporain.

– Hélène Routier (doctorante en études théâ-trales, Paris III) : Des artistes plasticiens sur la scène du Théâtre du Châtelet et leur esthétique kitsch.
Résumé : De nombreux plasticiens ont été invités par l’actuel directeur du Théâtre du Châtelet, Jean-Luc Choplin, à se confronter à la scène et le résultat relève souvent du kitsch. L’étude des spectacles de La Belle Hélène d’Offenbach monté en juin 2015 par le plasticien Pierrick Sorin et le metteur en scène Giorgio Barberio Corsetti et de ceux de Nicolas Buffe permettra de saisir le statut, la place et l’influence de ces artistes sur la création théâtrale contem-poraine.

– Lionel Souquet (PR espagnol, UBO) : Kitsch, sado-masochisme et art contemporain chez l’écrivain argentin Manuel Puig.
Résumé : L’écrivain argentin Manuel Puig (1932-1990) est particulièrement connu pour son ro-man Le Baiser de la femme araignée (1976) ainsi que pour l’esthétique kitsch qui caractérise l’ensemble de son œuvre, typiquement postmo-derne. Nous nous intéresserons à son troisième roman, The Buenos Aires affair (1973), interdit dès sa publication pour obscénité et anti-péronisme. Jouant avec les genres littéraires qu’il détourne, ce roman met en scène deux acteurs fictifs de la vie culturelle et artistique de Buenos Aires, en ce début des années 1970. Pour le meilleur et sur-tout pour le pire, Gladys, artiste contemporaine en quête de succès qui s’essaie à l’Arte Povera – et masochiste en mal d’amour –, rencontre Leo, critique d’art aux pulsions sadiques et homo-sexuel refoulé… Ce couple parodique permet à Puig d’interroger les liens entre création, névrose et politique.

– Mónica Sumoy (doctorante en arts visuels de l’université Ramon Llull, Barcelone) : Kitsch et art contemporain chez Pedro Almodóvar.
Résumé : Dès ses débuts, Almodóvar a fait appel à des formes de culture « mineure » comme le kitsch ou le camp pour recycler des manifestations diverses de l’art contemporain en leur donnant un nouveau sens : art classique, art moderne, pop art, iconographie traditionnelle espagnole… La prédominance de l’art pictural (et notamment de l’art pop) est évidente. Ainsi, sa prédilection pour les arts visuels (peinture, dessin, sculpture, céramique, photo…) est manifeste dans les gé-nériques de ses films, dans ses affiches, dans ses documents de travail, ses livres de presse et, évidemment, dans ses films où apparaissent des peintures célèbres intégrées au décor ou repré-sentées par les acteurs eux-mêmes, comme de véritables tableaux vivants, mais toujours selon le point de vue kitsch ou camp du réalisateur.

– Jocelyn Armel, dit Le Bachelor :
http://www.dixhuitinfo.com/portraits/article/jocelyn-armel-enfant-du-quartier

Informations

ENSAD
(Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs)
31 rue d’Ulm, Paris Ve

Métro Place Monge (600m., 7 mn.)
Métro Luxembourg (700m., 8 mn.)

Amphi Bachelier

Lundi 14 décembre 2015, 9h20-18h

ATTENTION : En raison du plan Vigipi-rate vous êtes priés de vous munir d’une pièce d’identité car un contrôle d’identité sera effectué à l’entrée de l’ENSAD. Merci de votre compréhension.

Les époques du Kitsch :

Kitsch et art contemporain

 

Programme

 

9h20 Accueil – Ouverture de la Journée d’Etude et mot de bienvenue

 

MATINÉE : Présidents de séances : Lionel SOUQUET et Emmanuel MAHE

 

 

9h40-10h00 Emmanuel MAHE (ENSAD),

Formes contemporaines du kitsch dans l’art et le design

 

10h00-10h20 Valérie ARRAULT

(Montpellier III),

Récits visuels du petit bonheur

 

10h20-10h40 Hugues LE BAILLY

(Paris I),

Etre ou ne pas être … kitsch ?

La pratique sculpturale de Marc Quinn : soif de publicité ou quête d’identité ?

 

 

10h40-11h00 Discussion

 

 

11h00-11h20 Pause

 

11h20-11h40 Miguel EGANA (Paris I),

Made in Heaven de Koons,

Le kitsch sentimental dans la perspective ouverte par Kundera et Broch

 

11h40-12h00 Christophe GENIN (Paris I),

La kitschification du street art

 

12h00-12h25 Débat

 

 

12h30-14h Déjeuner

 

 

 

 

 

Les époques du Kitsch :

Kitsch et art contemporain

 

Programme

 

APRÈS-MIDI : Présidents de séances :

Christophe GENIN et Isabelle LE CORFF

 

14h-14h20 Victoria AMBROSINI

(EHESS)

Le kitsch dans l’art contemporain au Moyen-Orient :

l’art de l’ostentation culturelle

 

14h20-14h40 Marie PECORARI

(Paris IV),

L’art est en nous :

appropriations théâtrales du monde de l’art dans l’œuvre de Tim Crouch

 

14h40-15h00 Hélène ROUTIER

(Paris III),

Des artistes plasticiens sur la scène du Théâtre du Châteletet

et leur esthétique kitsch

 

15h00-15h20 Discussion

 

15h20-15h40 Pause

 

15h40-16h00 Mónica SUMOY

(Univ. Ramón Llull, Barcelone, Espagne),

Kitsch et art contemporain

chez Pedro Almodóvar

 

16h00-16h20 Lionel SOUQUET (UBO),

Kitsch, sado-masochisme et art contemporain chez l’écrivain argentin Manuel Puig

 

16h20-16h35 Discussion

16h35-16h40 Pause

 

16h40-17h10 Interventions des élèves de l’ENSAD et du BACHELOR autour de l’exposition « kitsch ou pas kitsch » de l’institut des cultures d’islam à la Goutte d’or.

17h10-18h00 Table Ronde

 

18h00 : cocktail kitsch et contemporain

Programme détaillé

Argument

Né à la fin du XIXe siècle, le kitsch est étroitement lié à une culture populaire (roman rose, roman-photo, polar, science-fiction, cinéma populaire, caricature…) considérée comme de mauvais goût par la culture établie. Le kitsch interroge donc la notion de légitimité et les niveaux de pratique culturelle. Nos Journées d’Etudes précédentes nous ont permis d’affiner la dimension du kitsch dans ses différentes orientations et composantes. Il nous est apparu non comme un genre, mais comme un aspect, une manière aux applications et variations multiples, une manière d’exister (Kitschmensch), une attitude vitale. Il nous a semblé que le kitsch était souvent énoncé et reçu au premier degré. Passer au second degré est-il alors un évanouissement du kitsch ou une inversion de valeurs qui le fait participer à la postmodernité ? Nous nous sommes proposé d’analyser les époques du kitsch. L’expression « art contemporain » désigne globalement des œuvres produites depuis 1945. Cependant, cette expression peut aussi être utilisée dans un sens plus restreint – notamment en France – pour désigner des œuvres ou des pratiques artistiques revendiquant une posture avant-gardistes et jouant avec l’intermédialité. La J.E. s’articulera autour de deux axes : 1) Quels liens peut-on identifier entre Art contemporain et kitsch? Maints artistes contemporains jouent avec le kitsch et le camp – Andy Warhol, Pierre et Gilles, Martin Parr, l’Argentin Marcos López, Takashi Murakami –, mais peuvent-ils le faire sans tomber eux-mêmes dans le kitsch ou le kitsch contamine-t-il  nécessairement tous ceux qui l’abordent ? Certains, tels que Jeff Koons, peuvent-ils être considérés comme kitsch au premier degré ? Et dire qu’un artiste est kitsch revient-il à le qualifier d’imposteur ? Enfin, certaines pratiques artistiques actuelles ne sont-elles pas « kitschifiées » pour les besoins du marché de l’art ? 2) Comment l’art contemporain est-il représenté dans la littérature et au cinéma (chez Manuel Puig, David Lynch ou Pedro Almodóvar, par exemple) ? Quand il apparaît, quel est son statut ? S’agit-il d’un simple décor (et, si oui, quelle est la fonction de ce décor ?) ou d’une thématique à part entière ? Quelle est l’image de l’artiste contemporain ? Est-elle parodique ? Le personnage de l’artiste contemporain peut-il apparaître, au contraire, comme un double de l’auteur ? Invite-t-il à une réflexion sur le statut de l’artiste ? etc.

Intervenants

 

– Victoria Ambrosini Chenivesse (Docteur en histoire et théorie de l’art, CRAL, EHESS) : Le kitsch dans l’art contemporain au Moyen-Orient : l’art de l’ostentation culturelle.

Résumé : Dans le contexte des assignations culturalistes des marchés de l’art locaux et internationaux les artistes du Moyen-Orient, mettent en place des procédures esthétiques de compromis, comme l’ostentation culturelle ou l’auto-orientalisme, grâce au kitsch, qui leur permettent d’exprimer leur singularité individuelle et culturelle tout en cédant aux injonctions de l’art global, et à ses propositions créatives.

 

– Valérie Arrault (PR arts, Montpellier III) : Récits visuels du petit bonheur.

Résumé : Faisant suite aux « grands récits », les récits visuels qui s’attachent à évoquer le petit bonheur accompagnent le passage d’un changement de paradigme esthétique dont l’enjeu civilisationnel tient d’un profond changement sociétal.

 

– Miguel Egana (PR, arts plastiques, Paris 1/UFR 04) : Made in Heaven de Koons, le kitsch sentimental dans la perspective ouverte par Kundera et Broch.

Résumé : Avec Made in heaven, on est entré, et là se trouvait le risque pris par l’artiste, dans quelque chose qui relève de la dimension à la fois existentielle et éthique du kitsch ; en effet, ce qui en fait la singularité c’est qu’il ne s’agit plus ici d’objets issus de la vie quotidienne, d’échantillons du banal, objets kitsch au premier ou au second degré, soumis à une opération d’artialisation méta ou superkitsch, comme le reste de la production koonsienne, la matière première de l’opération est cette fois constituée de corps, et pas n’importe lesquels, celui de l’artiste lui-même et de sa partenaire, et il y est aussi question d’affects, et parmi les plus engageant, puisque sont en jeu le sexe et l’amour, indissociablement confrontés et confondus.

 

– Christophe Genin (PR, philosophie de l’art et de la culture, Paris 1/UFR 04) : La kitschification du street art.

Résumé : Si le street art est une intervention de rue, dont nous aurons à exposer les attributs et à justifier l’extension, il a changé de statut depuis la mise en place du post-graffiti. Le succès social et commercial du street art, en particulier son assimilation par la classe bourgeoise et le marché de l’art international, a induit une production artistique ad hoc, découplée de la rue mais faite à la manière de la rue. Nous essaierons de montrer en quoi ce passage du street art au street pop répond à certains attributs du kitsch, matériels, symboliques et politiques. Nous verrons donc le devenir kitsch d’une pratique naguère authentique.

 

– Hugues Le Bailly (MCF, anglais, Paris 1/UFR 04) : Etre ou ne pas être … kitsch ? La pratique sculpturale de Marc Quinn : soif de publicité ou quête d’identité ?

Résumé : Le grand public français n’a entendu parler du sculpteur britannique Marc Quinn qu’à l’occasion de l’exposition de ses effigies de Kate Moss en position du lotus, perçues comme s’inscrivant dans la logique de For The Love of God, le crâne recouvert de diamant de Damien Hirst. Mais au delà du kitsch de la posture, le fait que les œuvres soient réalisées en bronze doré ou peint en blanc pour imiter le marbre révèle que, loin de se livrer à une quête effrénée de publicité, c’est à un questionnement sur nos idoles contemporaines et leur quête d’identité que s’attache Marc Quinn dans ses portraits sculptés hyper-réalistes de Michael Jackson, Pamela Anderson ou Catman.

 

– Emmanuel Mahé (Directeur de la Recherche, ENSAD) : Formes contemporaines du kitsch dans l’art et le design.

Résumé : La variation du goût est intrinsèque au kitsch par la modulation des formes qu’il instaure autant qu’il en est dépendant, et aussi par l’étrangeté qu’il semble appeler. Le kitsch est une fabrique de rencontres fortuites, d’accidents involontaires, de croisements les plus inattendus. Le kitsch devient aussi une norme puisque les situations improbables ou les rapprochements inédits sont provoqués sciemment dans nos sociétés contemporaines : une forme de baroque technologique. Le baroque du XVIIème siècle et celui du XXIème seront convoqués pour comprendre comment le kitsch investit les formes contemporaines de l’art, et plus particulièrement celles qui n’apparaissent pas au premier abord kitsch.

 

– Marie Pecorari (MCF anglais, Paris IV) : L’art est en nous : appropriations théâtrales du monde de l’art dans l’œuvre de Tim Crouch.

Résumé : « Comment une œuvre fuyant le kitsch par tous les moyens peut-elle se prêter à une récupération qui va à l’encontre de son esprit? La dernière pièce du dramaturge britannique Tim Crouch, Adler & Gibb (2014), met en scène la démonstration de ce paradoxe, dans un jeu de chausse-trappes discursifs et formels où la scène théâtrale s’empare des codes et des enjeux de l’art contemporain.

 

– Hélène Routier (doctorante en études théâtrales, Paris III) : Des artistes plasticiens sur la scène du Théâtre du Châtelet et leur esthétique kitsch.

Résumé : De nombreux plasticiens ont été invités par l’actuel directeur du Théâtre du Châtelet, Jean-Luc Choplin, à se confronter à la scène et le résultat relève souvent du kitsch. L’étude des spectacles de La Belle Hélène d’Offenbach monté en juin 2015 par le plasticien Pierrick Sorin et le metteur en scène Giorgio Barberio Corsetti et de ceux de Nicolas Buffe permettra de saisir le statut, la place et l’influence de ces artistes sur la création théâtrale contemporaine.

 

– Lionel Souquet (PR espagnol, UBO) : Kitsch, sado-masochisme et art contemporain chez l’écrivain argentin Manuel Puig.

Résumé : L’écrivain argentin Manuel Puig (1932-1990) est particulièrement connu pour son roman Le Baiser de la femme araignée (1976) ainsi que pour l’esthétique kitsch qui caractérise l’ensemble de son œuvre, typiquement postmoderne. Nous nous intéresserons à son troisième roman, The Buenos Aires affair (1973), interdit dès sa publication pour obscénité et anti-péronisme. Jouant avec les genres littéraires qu’il détourne, ce roman met en scène deux acteurs fictifs de la vie culturelle et artistique de Buenos Aires, en ce début des années 1970. Pour le meilleur et surtout pour le pire, Gladys, artiste contemporaine en quête de succès qui s’essaie à l’Arte Povera – et masochiste en mal d’amour –, rencontre Leo, critique d’art aux pulsions sadiques et homosexuel refoulé… Ce couple parodique permet à Puig d’interroger les liens entre création, névrose et politique.

 

– Mónica Sumoy (doctorante en arts visuels de l’université Ramon Llull, Barcelone) : Kitsch et art contemporain chez Pedro Almodóvar.

Résumé : Dès ses débuts, Almodóvar a fait appel à des formes de culture « mineure » comme le kitsch ou le camp pour recycler des manifestations diverses de l’art contemporain en leur donnant un nouveau sens : art classique, art moderne, pop art, iconographie traditionnelle espagnole… La prédominance de l’art pictural (et notamment de l’art pop) est évidente. Ainsi, sa prédilection pour les arts visuels (peinture, dessin, sculpture, céramique, photo…) est manifeste dans les génériques de ses films, dans ses affiches, dans ses documents de travail, ses livres de presse et, évidemment, dans ses films où apparaissent des peintures célèbres intégrées au décor ou représentées par les acteurs eux-mêmes, comme de véritables tableaux vivants, mais toujours selon le point de vue kitsch ou camp du réalisateur.

 

 

– Jocelyn Armel, dit Le Bachelor :

http://www.dixhuitinfo.com/portraits/article/jocelyn-armel-enfant-du-quartier

https://vimeo.com/23368355

 

 

Informations

 

ENSAD

(Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs)

31 rue d’Ulm, Paris Ve

 

Métro Place Monge (600m., 7 mn.)

Métro Luxembourg (700m., 8 mn.)

 

Amphi Bachelier

 

Lundi 14 décembre 2015, 9h20-18h

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ATTENTION : En raison du plan Vigipirate vous êtes priés de vous munir d’une pièce d’identité car un contrôle d’identité sera effectué à l’entrée de l’ENSAD. Merci de votre compréhension.

Print Friendly
Print Friendly

Du même auteur :

« Art et hasard »: rencontre avec les auteurs

janvier 19, 2017

Les éditions L’Harmattan et Dominique Berthet directeur de la revue Recherches en Esthétique, ont le plaisir de vous ...

Lire la suite +

L’art majeur du XXIe siècle!

décembre 5, 2016

Le street art au tournant est un essai sur l’art urbain, sérieux dans son étude et ses références, ...

Lire la suite +

Colloque international Kitsch et idéologies

octobre 17, 2016

  Colloque international et interdisciplinaire Kitsch et idéologies Organisé par l’EA 4249 HCTI Co-organisé par la MSH Bretagne, la MSH Aquitaine, l’Institut ACTE UMR 8218 (Paris I), BABEL (Toulon), RIRRA ...

Lire la suite +

Recherche-Design

septembre 17, 2015

Lire la suite +