Colloque international : Les enseignements de la conférence dans l’art

06-01-2017 par lyriane

Première partie : samedi 21 janvier 2017 / deuxième partie : octobre 2017
lieu : Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Amphithéâtre Richelieu 17 rue de la Sorbonne 75005 PARIS

Consulter le programme de la conférence

Colloque organisé par l’Institut ACTE
(Arts-Créations-Théories-Esthétiques) UMR 8218 Sorbonne- CNRS –
Université Paris 1 — Panthéon-Sorbonne
Responsables : Sandrine Morsillo — Diane Watteau
Avec Christophe Viart, responsable du Programme transversal
Dits et Écrits d’artistes : théories et fictions et Dirk Dehouck, enseignant à l’École supérieure des arts (ArBA-Esa), Bruxelles

Présentation :
Nombreux sont aujourd’hui les artistes qui endossent des rôles en empruntant au pédagogue, au didacticien et à des modes de transmission dans des performances qui s’apparentent au cours magistral. Ces « conférencesperformances» rejouent le discours de l’art et sur l’art. En se déplaçant sur un territoire autre – l’enseignement –, ne rendent-elles pas compte de nouveaux contenus qui renouvellent la relation entre l’art et sa transmission? Prenant place entre pédagogie et didactique, elles nous conduisent à redéfinir ces termes au regard de ces pratiques pour tenter de comprendre ce que la posture enseignante apporte à l’art et a contrario, ce que cette posture artistique apporte à l’enseignement. Ces formes innovantes appellent des questions du côté de la transmission.
Harold Rosenberg estimait devoir combattre le caractère pédagogique de l’art moderne. Quant à Catherine Millet, lorsqu’elle déclarait, lors d’un colloque en Sorbonne en 1992, que «de toute façon l’art moderne est pédagogique», sous entendait- elle qu’il n’est pas nécessaire de réfléchir à sa transmission puisque celle-ci est déjà intégrée aux oeuvres ? Il est vrai que Buren, au Salon de mai 1967, nommait clairement une de ses interventions avec des rayures vertes et blanches Proposition didactique tandis que Robert Filliou considérait l’enseignement et l’apprentissage comme de l’art, il développe cette pensée dans l’ouvrage Enseigner et apprendre comme des arts vivants en 1970. Beuys, lui, «expliquait des tableaux à un lièvre mort» en 1965 quand il ne discourait pas à l’Académie d’art de Düsseldorf. Aujourd’hui, Robert Cantarella, Éric
Duyckaerts, Thomas Huber, Patricia & Marie-France Martin, Éric Vigner, parmi d’autres, adoptent de nouvelles postures pour créer des contre-images de la transmission de l’art dans l’art lui-même. La parole à l’oeuvre, à travers des performances, se modifie. Dans la conférence-performance, l’intempestif fait irruption dans une forme artistique qui crée et recrée sans cesse des segments théoriques et pratiques pour évoquer les stéréotypes de la parole du pédagogue, voire pour repenser l’attitude du pédagogue. Dans ce contexte, la parole performée du professeur renvoie bien au discours d’autorité en même temps qu’il vient englober le spectateur. Au-delà de la traditionnelle transmission, «le maître parle, les élèves écoutent», la recherche d’une adresse particulière au spectateur s’invente dans un dispositif inédit qui tend à l’exposer comme acteur pour expérimenter l’oeuvre en train de se faire. À l’articulation du verbal et du non verbal, le jeu des formes de transmission (rhétorique, tics de langage, gestuelle, outils) investit, perturbe et renverse l’idée du cours académique pour se déployer dans l’art. Ces conférences-performances liées à l’art permettent au moins de repenser comment nous autres les enseignants, nous nous positionnons en acteur de transmission d’un savoir, comment nous affirmons ce discours.
Nous pourrons ainsi considérer la construction du langage oral, l’importance de la présence physique, du face-à-face émetteur-récepteur liés à cette pédagogie en acte.
Reconstituer la performance en récit, emprunter le genre de la conférence – garantie de la transmission scientifique d’un savoir –, fait basculer les images dans le monde réel par la fiction. Dans le réel pourtant, le spectateur reçoit une parole directe, plus ou moins scientifique, qui présente peu de contraintes par rapport à son activité, pourvu qu’il soit à l’écoute. Par rapport à l’art : ne pourrait-on pas affirmer que ces méthodes de transmission pédagogiques incarnées par les artistes spéculent sur la réalité de l’art ? Comment l’idée d’oeuvre se joue-t-elle dans la pédagogie pour prendre littéralement corps? Comment ce discours est-il parvenu à refaire surface dans le corps qui l’avait exclu de la performance il y a quarante ans ? Les jeux de l’incorporation de la pédagogie et de la didactique comme nouvelle topologie dans l’art font-ils de ces conférences performances de nouveaux guides pour penser la transmission? Ces performances remettraient-elles en question l’enseignement dans l’économie de la transmission scolaire des savoirs? Et plus particulièrement l’enseignement de l’art ?

 

 

 

 

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