présentation

1- PRÉSENTATION

 

Le programme transversal intitulé Créations insulaires a été créé à l’initiative de Richard Conte lors du Conseil d’unité du 20 décembre 2013. Il vient s’inscrire naturellement dans le droit fil d’une collaboration de plus de vingt ans avec le Centre d’Etudes et de Recherches en Esthétique et Arts Plastiques (CEREAP) basé à la Martinique, créé et dirigé par Dominique Berthet. La revue Recherches en Esthétique et la collection de livres du CEREAP (actes de colloques) étaient déjà associées aux activités du LETA dirigé par Marc Jimenez, avant la création de l’UMR ACTE.

Ajoutons l’appartenance d’Edouard Glissant, à la fin de sa vie, à l’équipe Art & Flux, l’importance de la « pensée en archipels » et du concept de mondialité dans nos approches de la création insulaire. Nous participons en ce sens aux actions de l’Institut du Tout-Monde, avec Sylvie Glissant et François Noudelmann, et bien entendu de Yann Toma (<www.tout-monde.com>). A cela, il faut ajouter le travail original de Web documentaire effectué par les étudiants de MMI, Bernard Darras et Richard Conte à Saint-Martin sur la création dans cette île. (http://creative-saintmartin.com).

Au-delà des Antilles avec lesquelles nous avons une intense activité de colloques et de publications, la relation aux îles a été renforcée par nos initiatives avec La Réunion, Mayotte et les Comores (Biennale d’art contemporain de Moroni à laquelle a participé l’une de nos étudiants, Céline Sarr ; conférences à l’Ecole des Beaux-arts de La Réunion et à l’IUFM, par plusieurs chercheurs de nos équipes).

De nouvelles relations sont engagées avec l’Indonésie et la Polynésie. Françoise Docquiert est allée en mission de reconnaissance à Djakarta et une mission est prévue à Bandung (Java) afin de négocier une convention au nom du président de l’université Paris 1. Dominique Berthet et Richard Conte se sont rendus en juin 2014 en Polynésie française pour initier des actions de création et de recherche entre nos universités. Des rencontres ont eu lieu avec le président de l’université, le vice-recteur, différents ministres, des directeurs de musées et de lieux culturels, des artistes, etc.

L’ensemble de ces actions nous encourage à développer ce programme dont il n’existe actuellement d’équivalent nulle part.

Au-delà des clichés et des fantasmes, la notion d’île et ce qui s’y crée méritent une attention particulière. L’île et l’insularité posent de nombreuses questions auxquelles les recherches de ce programme permettront peut-être de répondre. L’île, depuis l’Antiquité, fut le lieu privilégié de projections d’une vie idéale. Plus tard, des utopies littéraires se situèrent dans des îles aussi mystérieuses que généreuses. Mais l’île peut également être perçue comme inquiétante et dangereuse.

La question de la création insulaire, que l’on soit îlien ou continental, donne lieu à des approches différentes. Ces territoires ne sont pas envisagés ni vécus de la même façon si l’on est natif ou étranger.

Qu’en est-il de la création ? L’île favorise-t-elle la création ou est-elle au contraire un frein ? Peut-on parler d’une spécificité de la création insulaire ? D’ailleurs, l’usage du singulier montre sans doute les limites du questionnement. Ne serait-il pas plus pertinent de parler de créations insulaires ?

Toutes les îles n’ont pas la même histoire quant à leur peuplement. Les îles de la Caraïbe ou celles de Polynésie étaient habitées depuis des millénaires avant l’arrivée des Européens. D’autres, comme La Réunion, ne l’étaient pas. Cela dit, souvent l’île est associée à une histoire coloniale. A la fois semblables et dissemblables, les différentes histoires des îles ont donné naissance, en Caraïbe par exemple, à des peuples nouveaux, issus de l’esclavage et du métissage. Les œuvres portent d’ailleurs souvent la trace, voire la marque de cette histoire.

Dans le contexte de la mondialisation, qu’advient-il des cultures locales ? Comment survivre dans un rapport de force évident : dominant/dominé ? Les langues et les cultures des îles témoignent d’une réelle vitalité et d’une volonté de s’affirmer, de défendre leur identité face à la tentative de globalisation qui ne cesse de s’étendre. La sauvegarde d’un patrimoine culturel, de traditions (danse, musique, artisanat, etc.) se manifeste comme une forme de résistance. Comment la création insulaire dans toute sa diversité réagit-elle face à cette mondialisation ? Quelles sont les aspirations des artistes îliens ? Sont-elles spécifiques ou rencontrent-elles celles des artistes continentaux ?

Le 19e colloque du CEREAP qui se tiendra en Guadeloupe les 29 et 30 novembre 2014 sur le thème « Créations insulaires » portera sur un certain nombre de ces aspects. Le 20e numéro de la revue Recherches en Esthétique, sur la même thématique, rassemblera des études sur les îles de la Caraïbe (Haïti, République dominicaine, Cuba, Martinique, Guadeloupe), la Polynésie, La Réunion et la Nouvelle-Calédonie.

2- BREF HISTORIQUE

http://berthetdominique.wix.com/site-du-cereap

 

3- PROGRAMMES DE RECHERCHE DE L’EQUIPE

 

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