présentation

L’équipe de recherche CINÉMA & AUDIOVISUEL regroupe des chercheurs, enseignants-chercheurs et assimilés, docteurs et doctorants spécialistes en ÉTUDES CINÉMATOGRAPHIQUES, qu’ils soient théoriciens, esthéticiens, analystes, historiens et/ou praticiens du cinéma et de l’audiovisuel.

Grands axes de recherche de l’équipe :

La création (le processus poïétique qui fait le film) et la réception (les attitudes spectatorielles envers le film) : tels sont les deux pôles autour desquels s’articule le projet de recherche de l’équipe CINÉMA & AUDIOVISUEL. Ces deux axes peuvent faire séparément l’objet de recherches ciblées, mais le projet vise surtout leur rencontre et donc, prioritairement, les problématiques situées à l’intersection des points de vue de la création et de la réception.

Toute création vise une réception, selon des modalités plus ou moins conscientes ; la création anticipe la réception et par le fait même l’intègre à son horizon ; elle en inscrit des traces, des symptômes, des schèmes dans la forme filmique ; de plus, dans le moment post-poïétique où le film entre dans l’espace public, les attitudes spectatorielles visées préalablement peuvent être amendées, modifiées, voire contredites, au fil des étapes de la réception (diffusion, audience, critique).

Le processus de création sera plus précisément abordé à l’égard du scénario, du découpage et du montage, c’est-à-dire de la stucture prévisionnelle du film et de sa structuration ; à la fois la composition en puissance dans le film (en plans, points de vue, séquences, parties, etc.) et sa composition en acte par les processus du montage à la fois interne et externe (dans le plan et entre les plans). Le découpage est un concept « français » (on l’utilise tel quel dans les textes en anglais) qui désigne le montage filmique en tant qu’il interagit avec/dans la micro-structure de la scène, principalement en ce qui concerne son arrangement narratif.

Le spectateur est le destinataire virtuel du film. On peut attribuer la préoccupation du découpage au besoin du spectateur de « voir mieux » ; ainsi est-il inscrit dans une stratégie du sens. Le processus de réception sera donc considéré du point de vue de la programmation des attitudes spectatorielles qu’un film propose au récepteur à travers sa structure et sa structuration. La recherche concernant le spectateur peut aussi explorer les possibilités plus concrètes de l’effectivité de la posture spectatorielle virtuelle. Il s’agit alors de mettre en relation l’idéalité de spectateur inscrite dans le film avec la typologie des spectateurs réels, selon diverses catégories sociologiques. D’où un prolongement du côté de l’étude des publics réels.

 

Ce programme de recherche s’enracine dans des collaborations entre l’équipe de recherche CINÉMA & AUDIOVISUEL et d’autres équipes de recherche :

1. Celle formée autour du programme de recherche européen European Film Studies, The Key Debates dirigé par Annie van den Oever (Université de Groningen), Ian Christie (Birkbeck College de l’Université de Londres) et Dominique Chateau (Université Pars 1). Ces trois responsables forment le comité éditorial qui pilote la publication de recueils de textes par les Presses de l’Université d’Amsterdam (Amsterdam University Press). Le programme reçoit l’aide de la National Research Foundation of the Netherlands (NWO).

Outre l’organisation d’une série de rencontres depuis 2007 (workshop à Groningen, table ronde à Amsterdam en 2010, workshop à Paris en 2011, workshop à Amsterdam et colloque à Paris en 2012, workshop à Amsterdam et Groningen en 2013), le programme European Film Studies, The Key Debates a donné lieu à la publication par Amsterdam University Press de plusieurs volumes :

Ostrannenie, dirigé par Annie van den Oever, 2010, avec un texte de Dominique Chateau ;

Subjectivity, dirigé par Dominique Chateau, 2011, avec des textes de Dominique Chateau, Jacinto Lageira, José Moure et Céline Scémama.

Audience, dirigé par Ian Christie, Birkbeck College, 2012.

Techne, dirigé par Annie van den Oever, 2013, avec des textes de Dominique Chateau et Céline Scémama.

En cours : Women (dirigé par Laura Mulvey et Ian Christie, à venir en 2014). En projet : Screen (dirigé par Dominique Chateau, à venir en 2015).

2. Le second axe de recherche de l’équipe de recherche CINÉMA & AUDIOVISUEL est rattaché à un projet qui associe un groupe de recherche de l’Université de Caen, sous la direction de Vincent Amiel, avec l’équipe de Paris 1, par l’entremise de José Moure. Il concerne le découpage (et, par extension, le montage). Cette recherche a débouché en septembre 2013 l’organisation d’un colloque au Centre Culturel International de Cerisy, Le Découpage au cinéma, enjeux théoriques et poétiques, co-dirigé par José Moure, Vincent Amile (Un. de Caen) et Gilles Mouëllic (Un. de Rennes). Communications de José Moure et Dominique Chateau.

 

Colloques et manifestations organisés ou co-organisés par l’équipe CINÉMA & AUDIOVISUEL :

1. Novembre 2012

Colloque international

La Direction de spectateur : création et réception au cinéma

9-10 novembre 2012, dirigé par Dominique Chateau, avec la participation de l’École doctorale APESA, Arts plastiques, esthétique et sciences de l’art, du Birkbeck College de l’Université de Londres, de l’Université de Groningen, et de la National Research Foundation of the Netherlands (NWO). Avec une table ronde autour de la publicaion du livre Audience (dir. Ian Christie) de la série Key Debates in Film Theory. Actes de La Direction de spectateur à paraître en 2014.

Argumentaire :

Alfred Hitchcock dit à François Truffaut : « Avec Psycho, je faisais de la direction de spectateurs… » — I was directing the viewers… Cette boutade sur la direction de spectateur, parce qu’elle évoque la direction d’acteur, la maîtrise du director (réalisateur) sur la mise en scène, ouvre un vaste horizon de recherche. On peut, en effet, se demander dans quelle mesure un film peut « diriger complètement les pensées du spectateur », comme dit encore l’auteur de Psycho. De la même façon que Tzvetan Todorov parle de la construction du lecteur dans et par le texte littéraire, peut-on considérer qu’un film construit son spectateur ?

Ce questionnement concerne le film fini offert à la réception qui, dans sa forme, recèle une certaine construction du spectateur ou (dans les termes d’Umberto Eco élaborés également au sujet de la littérature), un certain modèle du spectateur. Si l’analyse structurale peut être utile à cet égard, on voit aussi des raisons d’élargir le champ : il est probable que la forme filmique est travaillée par les différentes phases de sa création et de son instauration, en partant du synopsis, du scénario — où l’on retrouve le texte ! —, en allant jusqu’aux stratégies de diffusion, et en passant par le découpage, tournage, le montage, etc. La construction du spectateur est le produit d’une série complexe de reconstructions plus moins effectives. Elle implique des notions de narratologie, de mise en scène ; elle mobilise le jeu de l’acteur, la relation du projet, du scénario, à la réalisation ; elle concerne encore le rôle de la musique, sa puissance narrative et/ou émotionnelle, etc.

Mais un autre élargissement semble s’imposer. Le film, une fois jeté dans l’arène publique, fait l’objet de multiples reconstructions, à travers lesquelles le modèle de spectateur pour un film donné peut subir des métamorphoses. Selon les époques, les normes de réception varient, de même que le profil du spectateur, aussi bien dans sa définition sociale que dans ses attentes esthétiques. Selon les aires culturelles aussi : les variations entre un film et ses versions « remake » sont à cet égard très significatives. Le bouche-à-oreille à la sortie du film, les événements de la sphère publique ou les débats qui l’animent, les stratégies de marketing, la critique de cinéma, plus ou moins promotionnelle, plus ou moins libérale, non moins que le travail des historiens du cinéma, des esthéticiens, des universitaires, professeurs comme doctorants, contribuent à ce processus sans fin.

Le sujet de ce colloque, vise le croisement de problématiques de la réflexion sur le cinéma qui sont la plupart du temps tenues à l’écart l’une de l’autre : celle qui prend en compte le processus de création du film et celle qui rend compte du processus de sa réception. On peut s’interroger, par exemple, sur le rapport des différentes formes d’écriture filmique et le processus de projection-identification des spectateurs (Edgar Morin), en faisant référence autant aux théories sur la narration qu’à l’étude de cas concrets. Cela nous entraîne aussi vers une autre dimension de « la direction des spectateurs » : les enjeux économiques et la force de frappe du marketing. À quel point les efforts promotionnels développés autour d’un film et le nombre plus ou moins conséquent de copies qui sortent en salles influencent-t-ils le « désir » de voir le film et la manière d’être « pré-programmé » dans sa réception ?

Intervenants :

Raymond Bellour, Ian Christie, Monica Dall’Asta, Marion Froger, Renato Silva Guimaraes, Laurent Jullier, Frank Kessler, Kenji Kitayama, Martin Lefebvre, Simon Lefebvre, Sarah Leperchey, Cyril Lepot, Alexis Moreano Banda, José Moure, Roger Odin, Serge Regourd, Benoît Rivière, Céline Scemama, Daniel Serceau, Karl Sierek, Frédéric Sojcher, Katerina Thomadaki, Bruno Trentini, Hélène Vally, Annie van den Oever

2. Mai 2013

Colloque international Poésie et Art au XXe siècle

16 mai 2013, co-organisé par les équipes Cinéma & Audiovisuel et Aesthetica de l’UMR ACTE, avec la participation de l’Université de Georgetown (USA), co-dirigé par Pierre Taminiaux, Jacinto Lageira et Dominique Chateau.

Argumentaire :

Ce projet de colloque s’inscrit dans le prolongement du colloque Poésie et Politique au XXe siècle, qui s’est tenu à Cerisy au mois de juillet 2010. De la même manière que les plus grands poètes de langue française se sont engagés, à des degrés divers, dans les aventures politiques du siècle, on peut dire que ces mêmes figures littéraires ont été constamment attentives aux grands bouleversements esthétiques dans le domaine de l’art moderne et contemporain. Une telle sensibilité à l’art se manifeste de toute évidence dans de nombreux écrits critiques de poètes comme Tzara, Breton, Apollinaire ou Reverdy sur les avant-gardes dadaïstes, surréalistes et cubistes, mais aussi de René Char et de Francis Ponge sur l’abstraction lyrique, écrits que ce colloque se propose d’étudier en premier lieu. Une telle connivence, souvent marquée par des rapports d’amitié très personnels, déboucha en outre sur la création de nombreux livres d’artiste, ou sur le rapprochement de textes poétiques et d’œuvres plastiques dans un même objet de lecture.

Mais ce colloque se propose d’aborder également des dimensions sans doute moins connues de ces rapports. D’une part, les œuvres d’art produites par les poètes eux-mêmes (de Michaux à Dotremont), ainsi que les nombreux poèmes produits par les peintres et les sculpteurs (de Jean Arp à Kurt Schwitters).  Cela nous permettra de montrer que l’art du XXe siècle, le plus novateur et le plus fécond, fut constamment en dialogue avec la poésie et réciproquement. Nous n’oublierons pas non plus le travail des poètes modernistes, de Desnos à Cocteau, dans le domaine du film expérimental aux préoccupations plastiques, ni les nombreux rapports esthétiques entre la poésie et la photographie. Ce colloque se fonde ainsi sur une dimension interdisciplinaire, en se situant aux confins de la critique littéraire et de la critique d’art, de l’analyse poétique et de la théorie esthétique.

Intervenants :

Dominique Chateau, Alexandre Castant, Raoul Kirchmayr, Fabrice Flahutez, Christina Rudosky, Pierre Taminiaux, Franck Dalmas.

3. Juin 2013

Colloque international

Musiques de films : nouveaux enjeux. Rencontre sensible entre deux arts

Les 7 et 8 juin 2013, sous la direction de José Moure, N. T. Binh et Séverine Abhervé. Avec le CNRS, la Cité de la musique,  le soutien de la Ville de Paris et de la Sacem. En relation avec l’exposition de la Cité de la musique : Musique & cinéma.  Le Mariage du siècle ?

Les enjeux de la musique au cinéma sont  encore relativement peu étudiés en France, mais ils intéressent de plus en plus les chercheurs comme les cinéphiles. Ce colloque s’attache à explorer la relation musique-image, afin d’en mieux comprendre l’alchimie particulière et d’en dégager des outils d’analyse originaux. Des spécialistes de la musique de films sont rejoints par des compositeurs, mais aussi d’autres professionnels de cinéma, pour des rencontres permettant un échange avec le public. Une leçon de cinéma est menée avec Alberto Iglesias, compositeur espagnol notamment des films de Pedro Almodóvar.

Intervenants :

Cécile Carayol, Sergio Miceli, Séverine Abhervé, Barbara Fougère, Yohann Guglielmetti, François Porcile, Alberto Iglesias, Phil Powrie, Gilles Mouëllic, François Ribac, François Thomas, Dominique Chateau, N. T. Binh (table ronde avec des professionnels de l’audiovisuel).

3. Septembre 2013

Colloque du Centre Culturel International de Cerisy

Le Découpage au cinéma, enjeux théoriques et poétiques,

23-27 septembre, dirigé par Vincent Amiel, Gilles Mouëllic et José Moure avec le soutien de l’Université de Caen, équipe LASLAR, de l’Université de Rennes 2, équipe Arts: pratiques et poétiques (EA 3208) dans le cadre du programme de recherche TECHNES.

Argumentaire :

Le découpage en plans, qui est considéré aujourd’hui comme le fondement de l’art cinématographique, en est paradoxalement l’un des éléments les moins étudiés.

Alors que le montage a focalisé depuis longtemps l’attention des théoriciens du cinéma, et que l’histoire et la pratique en ont été amplement interrogées, on s’est rarement penché sur la question du découpage. Quelle part peut-on lui attribuer dans la construction du film, et dans quelles cinématographies ? Quelle est la persistance actuelle du découpage, et sous quelle forme?

Histoire du cinéma, des théories, des formes, esthétique, histoire culturelle pourront être convoquées à débattre, et à reconstruire cette notion dont la délimitation même (pour ne pas parler de définition) est à reprendre.

Intervenants :

Hervé Joubert-Laurencin, Laurent Leforestier, André Gaudreault, Christa Blümlinger, Dominique Chateau, José Moure, François Thomas, Vincent Amiel, Frédéric Sabouraud, Gilles Mouëllic, Angel Quintana Morraja, Simon Daniellou, Emmanuelle André, Richard Bégin, Jean-Pierre Sirois-Trahan, Charlotte Aumont, Karl Sierek, Emmanuel Siety, Luc Vancheri. Rencontre avec Yann Dedet, présentée par N. T. Binh, autour de quelques situations de montage/découpage.

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