Appel à communications – Le plan et ses durées dans le cinéma contemporain: enjeux esthétiques et poétiques

04-09-2017 par lyriane

Organisateurs : José Moure, Benoît Rivière, Hélène Vally
Université Paris 1 Sorbonne-Panthéon/UMR ACTE 8218
Comité scientifique : Vincent Amiel, Sarah Leperchey, José Moure, Benoît Rivière, Hélène
Vally

Le plan et ses durées dans le cinéma contemporain : enjeux esthétiques et poétiques

Dans le cinéma contemporain, les réalisateurs expérimentent et jouent avec la
dimension temporelle du plan dans le souci d’impliquer les spectateurs dans leurs films ou, au
contraire, de les mettre à distance. Par exemple, dans la sphère hollywoodienne, le cinéaste
Paul Greengrass va multiplier les plans très courts dans La Mort dans la peau (2004) tandis
qu’Iñárritu va privilégier les plans-séquences dans Birdman (2015) 1. Mais ce travail sur la
durée du plan – qui questionne le rapport des spectateurs aux films eux-mêmes – dépasse
largement le cadre hollywoodien. Ainsi, des cinéastes comme Béla Tarr, Hou Hsiao-hsien,
Cristian Mungiu, Christophe Loizillon ou encore Raymond Depardon ont régulièrement
recours aux plans longs afin que les spectateurs prennent « le temps de voir »2; ces plans
perdent parfois même l’évidence de leur achèvement et sont un véritable enjeu poétique pour
les réalisateurs. Sans limite, le plan peut ainsi durer tout un film, comme le montrent
d’ailleurs les exemples de L’Arche Russe (2002) d’Alexandre Sokourov ou de Victoria (2015)
de Sebastian Schipper.
Cette journée d’études souhaite ainsi faire le point sur les différentes implications –
intellectuelle, émotionnelle ou encore physique – que les durées de plan peuvent générer dans
le cinéma contemporain, et ce à travers des analyses filmiques qui pourront porter sur des
films documentaires, de fiction, expérimentaux ou encore d’animation.
Les propositions de communications de 1500 signes environ (espace compris) devront
être envoyées avant le 15 octobre 2017 à José Moure (joseph.moure@univ-paris1.fr), Benoît
Rivière (benoitriviere2@gmail.com) et Hélène Vally (Helene.Vally@unicaen.fr). Elles seront
accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique. La journée d’études aura lieu le
samedi 24 mars 2018 au centre Saint-Charles (Paris, 15ème arr.). Les frais de transport seront à
la charge des intervenants.

 

 

1 Alejandro Gonzales Iñárritu expliquait ainsi au sujet de son film : « C’était le moyen d’être immergé
dans cette histoire : une forme plus découpée nous aurait éloignés de l’histoire de cet égo. Ce n’est pas
donc pas un « truc » technique mais l’extension du voyage émotionnel de ce personnage ». Entretien
paru dans Positif, n° 648, février 2015, pp. 17-21.
2 « Je donne le temps de voir. Le spectateur a le loisir de regarder dans le plan, librement ; il peut
découvrir l’intégralité de la surface ». Christophe Loizillon, « Le plan-séquence, le temps de voir »,
Bref n°113, vol. 4, 2014, p. 68.
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